C’est un leitmotiv largement repris par les politiques, les médias, le marketing, les écolos… Bref, par tous ceux qui parlent trop vite.
Ce slogan n’est pas seulement manipulateur, il est révélateur de l’indécrottable orgueil de l’homme. Nous avons le pouvoir de sauver la planète? Ben voyons. Des millions de nos congénères meurent (faim, maladies, guerres…) ou vivent dans la misère et nous ne pouvons ni ne voulons les sauver. La saugarde de la planète serait-elle un enjeu plus noble ? Plus digne de notre hybris ?
Il faut se mettre dans la tête que notre planète est un être géologique, un être vivant, si l’on peut dire, dont les forces, elles-mêmes les résultats de multiples interactions, nous dépassent totalement. Elle a, au cours de son histoire, connu des bouleversements majeurs et pourtant, elle est toujours là. Si notre planète devient de plus en plus invivable, c’est nous (sans oublier faune et flore) qui en seront les victimes. Et la terre continuera d’être sans nous, c’est aussi simple que ça.
Nos luttes (contre le changement climatique, contre la pollution, contre la déforestation, que sais-je encore) ne sont que vœux pieux qui ne pèsent pas lourds devant des impératifs économiques monstrueux. D’immenses territoires sont sacrifiés au nom d’une insatiable soif d’énergie: ainsi l’extraction d’énergies fossiles et de minerais justifie-t-elle toutes sortes de ravages qui n’épargneront bientôt plus les régions encore protégées.

Un nouvel idiome a fait son entrée dans le paysage linguistique de nos média, un vocable anglais qui a maintenant largement remplacé son équivalent français et s’est, avec l’impulsion donnée par les voix radio- et télé-diffusées, largement propagé.
Le phénomène de la dépendance n’est certes pas nouveau mais l’on a l’impression qu’il est apparu, comme par magie, avec le mot qui maintenant le désigne officiellement. Les universités et les hôpitaux en ont fait un domaine d’étude ou de traitement : l’addictologie. Des professeurs traitent d’addictologie. L’on voit soudain apparaître des spécialistes (et pourquoi pas des experts ?) en addictologie, des addictologues. L’on parle de pratiques addictives… Bref, l’addiction ad nauseam.
Un tel acharnement à privilégier cet anglicisme est idiot et témoigne du suivisme niais dont font preuve les têtes parlantes. Même si le mot dépendance accepte deux sens (qui se traduisent, en anglais, par deux mots, addiction et dependent), le contexte permet d’éviter toute imcompréhension. Tout se passe pourtant comme si le mot dépendance avait soudainement été vidé de toute sémantique, de toute puissance évocatrice et avait finalement perdu le pouvoir de nommer ce qu’il nommait jusqu’alors. Comment diable faisait-on pour en parler avant ? Sans addictologues, l’étude et le traitement de la dépendance étaient-ils même pensables ?

Ca m’énerve.

Publicité trouvée dans un vieux Life (de 1965).

Adv from Life magazine

Il n’est pas rare de trouver, ici et là, des echos des difficultés rencontrées par nombre de ports français depuis bien des années. Saint Nazaire, Le Havre, Marseille… Le point commun: la CGT dont les incessantes “luttes” finissent par avoir des effets désastreux tant sur les économies locales que, par extension, sur l’économie portuaire française. Peut-être ces effets sont-ils d’ailleurs recherchés…
C’est en gros à la fin de la seconde guerre mondiale que PCF et CGT (l’on pourrait qualifier le second de “service action” du premier) mettent la main sur les principaux ports du pays. Le parti communiste, alors d’une obédience sans faille à Moscou, c’est-à-dire Staline, est aujourd’hui quasiment éteint, certes, mais son “outil” perdure.

Ce dessin de presse, signé Woop, date de la fin des années 40 et illustre sans ambiguité la situation :

La pieuvre